Reportage en compétition équestre

Aujourd’hui, j’aimerai vous parler de reportage en compétition équestre. Dimanche 26 janvier je suis allée au Centre Hippique des Alpes à l’occasion de leur Dressage Amateur / Pro. Deux cavalières m’ont contacté dans la semaine pour savoir si je pouvais me déplacer pour faire quelques photos de leurs reprises. J’ai profité de cette occasion pour leur proposer quelque chose d’un peu différent, un projet qui me trotte dans la tête depuis quelques temps …

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Photographier des compétitions équestres de nos jours

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Quand on me demande mon métier et que je réponds que je suis photographe spécialisée dans les chevaux, on me sort souvent une phrase du style : Ah tu vas sur les compétitions pour faire des photos !«  … Ça me fait sourire, parce que même les non-cavaliers ont cette image du photographe toute la journée au milieu de la piste à enchaîner les photos des participants.

Aujourd’hui, en dehors des concours internationaux, être photographe sur des compétitions équestres consiste à être au milieu de la piste, prendre tous les participants de manière égale (même obstacles, même nombre de photos), puis vendre les photos de manière la plus efficiente possible. Dès la prise de vue, il faut s’assurer de ne pas faire de déchets (une seule photo par obstacle, pour limiter le temps de tri des images). Et enfin le traitement ne doit pas prendre plus de 5 minutes …

Pour résumer : c’est l’usine à gaz. Prendre un maximum de participants, faire un nombre limité de photo, traiter l’image en un minimum de temps. Les maîtres mots sont EFFICACITÉ et RENDEMENT.

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Cheval sautant un obstacle oxerL’image classique que l’on retrouve en compétition, prise lors d’un hunter : obstacle en entier, phase ascendante du saut.

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Un modèle qui convient vraiment aux photographes et aux cavaliers ?

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Après quelques compétitions couvertes en 2018, j’en suis venue à faire le constat suivant. : il est difficile d’être rentable lorsque l’on couvre une compétition. équestre en étant un petit photographe seul et sans stand (ce qui était mon cas). Malgré les galeries en ligne, une fois passé le jour de la compétition, peu de cavaliers font le pas. d’aller jeter un oeil à leurs photos. Même si les photos sont en ligne dès le lendemain ! Et lorsqu’ils le font, on retrouve souvent. nos photos sur les réseaux sociaux avec la signature et la mention « utilisation interdite » … Voler une photo, même si la qualité est affreuse et les sujets à peine visible, apparemment ça ne gêne personne.

À partir de là, je me suis posée la question. : est-ce que j’ai vraiment envie de me lever à 6h le dimanche pour rester 10h debout, l’appareil de 3 kilos à bout de bras, parfois sous la pluie, trempée avec les doigts (mains et pieds) gelés, de rentrer chez moi fatiguée, mais de quand même commencer le traitement des photos qui me prendra plus ou moins une journée de travail (tri, traitement express, export, téléchargement sur la galerie en ligne) pour gagner moins de 100€ ?

Même par passion, c’est difficile. Et puis l’amour d’un sport ne paye pas les factures … Mais au delà des questions d’argent, est-ce que couvrir des compétitions de façon traditionnelle me plaisait ? Est-ce que ça avait un sens à mes yeux ? Vous vous doutez que la réponse est NON. Faire de la quantité et perdre toute notion de créativité, ça n’avait pas vraiment d’intérêt pour moi …

Puis je me suis mise à la place des cavaliers ! Peu importe la compétition, le lieu, le photographe … tout ce qui est proposé se ressemble ! Le planer sur l’oxer avec l’obstacle bien en entier, le trot allongé sur la diagonale, puis avec un peu de chance le changement de pied entre les obstacles et la petite caresse à la fin de la reprise.

J’entends souvent « on fait ça parce que c’est comme ça que ça marche » … Je pense surtout qu’on s’est enfermé dans un modèle et que peu osent en sortir. (‘Peu’ parce que ce n’est pas tout noir ou tout blanc, il y a des photographes qui laissent parlé leur créativité lors de compétition … seulement on ne les retrouve pas en tant que photographes officiels, et on leur achète rarement des photos)

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Offrir un véritable reportage

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Voilà comment j’en suis venue à vouloir proposer un vrai reportage en compétition équestre. J’avais l’idée et l’envie depuis longtemps, j’attendais simplement d’avancer sur mon projet de communication digitale, parce que je pensais que les reportages seraient plutôt destinés aux professionnels. (ce qui sera tout de même le cas). Mais finalement, quand Lorie m’a contacté pour la prendre en photo au CHA -Centre Hippique des Alpes- .ce dimanche, j’en ai profité pour lui soumettre l’idée d’un reportage complet, pour relater de l’ensemble de son concours, et pas uniquement de sa reprise sur le carré.

Je suis donc partie dimanche matin pour une journée complète au CHA dans l’idée de suivre Lorie et Laurie (la seconde cavalière à m’avoir fait confiance). Des préparatifs à la sortie du carré, j’ai été présente, alternant entre photos conventionnelles. et recherche de moments volés, de cadrage moins ordinaire, et d’émotion.

Maintenant que vous avez suivi le cheminement de ma pensée et que vous en savez un peu plus sur cette idée de. reportage en compétition, je vous laisse découvrir le rendu dont je suis TRÈS FIÈRE !

 

Lorie & Saxo

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reportage compétition équestre - dressage du cheval

reportage compétition équestre - moment de dressage

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Laurie & L’air du temps

reportage compétition équestre - préparation détente dressage

reportage compétition équestre - détails et dressagePour réduire le temps de chargement, la qualité des images est nettement diminuée.

 

Et voilà un extrait des deux reportages que j’ai fais ce dimanche (sur environ 80 photos rendues). C’était une première pour moi de proposer un reportage compétition, mais je suis très contente du résultat. Cette façon de photographier une compétition équestre me ressemble plus. Cela me permet de faire connaissance avec les cavaliers et les chevaux, j’ai l’occasion de faire des photos plus originales et surtout le reportage complet permet de raconter une histoire.

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Maintenant, j’aimerai avoir votre point de vue, en tant que cavalier :

Si vous sortez en compétition, prenez-vous le temps d’aller voir vos photos ?
Est-ce que vous en achetez régulièrement ?
Qu’est ce qui fait que vous achetez (ou n’achetez pas) les photos de vos compétitions ?
Est-ce qu’un accompagnement photo, un reportage plus complet et personnel peut vous plaire ?

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Si vous avez une expérience à raconter ou un avis à donner, ça m’intéresse de vous lire dans les commentaires ou sur les réseaux sociaux.

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Quant à moi je vous dis à bientôt pour un nouvel article,
Faustine 🌿

 

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